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Le terme « réseaux sociaux » est un terme relié au domaine de la sociologie, il désigne un agencement de lien entre un individu et/ou des organisations formant un groupement qui a du sens, ce sens peut être donné par des liens de parenté (la famille), des centres d’intérêts partagés (associations, religion etc.) De nos jours le terme de réseau social est instinctivement affilié aux outils numérique que nous utilisons pour la plupart tous les jours à l’instar de Facebook, Linkedin, Instagram ou encore même pour des rédactions d’articles via des blogs qui sont partagés sur tous ces outils numériques.

Ces outils là sont en réalité plus précisément des médias sociaux, nous ferons la description et un petit guide d’utilisation dans l’article intitulé : « Pourquoi et comment utiliser les réseaux sociaux numériques ou médias sociaux en tant qu’entrepreneur ? ».

Le terme réseaux sociaux est souvent repris au pluriel car un individu peut appartenir à différents groupes et donc faire partie de différents réseaux. Nous conviendrons tous à dire que le réseau que vous avez créé à travers Facebook n’est pas le même réseau que vous côtoyez au quotidien.

Le tord que tout entrepreneur pourrait avoir c’est de baser sa stratégie pour les étapes de son projet seulement sur les médias sociaux.

En effet ce que l’on appelle le RRE dit aussi Réseau Relationnel de l’Entrepreneur joue un rôle majeur dans le cheminement du projet entrepreneuriale. Au cours de la création et du développement de son projet l’entrepreneur va devoir se procurer des informations puis des ressources.

Les informations qu’il va acquérir (idée de service, de produit, benchmarking, étude sur le secteur) vont lui permettre de mieux identifier l’opportunité de business pour ensuite nécessiter des ressources risquées pour celui qui va se joindre au projet (financement, fournisseurs ou clients). Ces individus qui gravitent autour de l’entrepreneur sont les membres de son réseau on peut les considérer comme le « réseau de discussion de l’entrepreneur » (Krackhardt, 1992 ; Burt, Hogarth, Michaud, 2000).

L’information circule parmi toutes ces personnes entre elles mais également entre les personnes éloignées de l’entrepreneur, par le biais d’une personne proche ou moins proche les informations qui circulent dans des cercles dont nous sommes un peu éloignés pourront revenir vers nous .Les personnes proches de l’entrepreneur sont considérés comme faisant partie du réseau primaire de l’individu tandis que les connaissances ou ami d’ami , fournisseur d’ami font eux partie du réseau secondaire .

Avec cet article nous allons ainsi vous donner des conseils pour avoir et se créer un réseau social efficient pour votre projet entrepreneurial.

COMMENT ÉTENDRE SON RÉSEAU ET AVOIR UN RÉSEAU EFFICIENT ?

Dans son article « L’analyse des réseaux sociaux : quelles implications pour le champ de l’entrepreneuriat ? » B.Chollet (2002) nous donne des faits concernant les relations et le réseau d’un entrepreneur basé sur la recherche de nombreux auteurs à la lumière de ce sujet  . Par ces observations nous allons vous donner quelques conseils pour avoir et se créer un réseau social efficient pour votre projet entrepreneurial.

On peut distinguer plusieurs caractéristiques concernant le réseau relationnel de l’entrepreneur : la taille, la diversité, la densité, les différents types de lien et la confiance.

→La taille d’un réseau relationnel correspond aux nombres de personnes se trouvant dans le réseau relationnel comme le dit l’article plus grande sera la taille du réseau plus s’y trouveront d’information et plus l’entrepreneur pourra donc les capter afin de développer son projet. La diversité de celui-ci est également un facteur déterminant dans le fait d’avoir un réseau relationnel efficient. Par diversité on entend le fait que les personnes qui composent votre réseau ne soit pas toutes du même type (genre, âge, profession)

→ La densité d’un réseau relationnel est le rapport qui évalue la différence entre le nombre de rapport entre deux individus d’un même réseau et le nom de rapports potentiels entre ces deux individus. Pour être plus claire imaginons deux personnes Individu A et Individu B (voir le schéma ci-dessous (CHOLLET ,2002) ). Dans le réseau A les informations i et j ne peuvent circuler que par un seul chemin donc la probabilité que l’information arrive à l’individu A est moindre. Dans le réseau B l’information peut être apporté à l’individu B par différents chemins donc la probabilité que l’entrepreneur capte l’information est plus forte.

R. Burt (1995)donne un conseil aux entrepreneurs afin d’avoir le plus d’informations possible d’essayer de minimiser les contacts redondants, c’est-à-dire les contacts qui pourraient vous donner les « mêmes bénéfices en informations ». Pour ce faire le plus intéressant serait donc d’être dans un réseau de type A à la faible densité. Cela en effet ne serait pas efficient d’avoir les mêmes informations données plusieurs fois par des personnes différentes. De plus ce n’est quand la probabilité qui est plus grandes non pas la captation réelle de l’information , dans un réseau à densité forte l’information peut également être abimé par le bouche à oreille . Voilà pourquoi un réseau à densité faible est plus intéressant pour l’entrepreneur malgré ce que l’on pourrait croire .

Granovetter (1973) dans ces recherches émet une hypothèse se basant sur l’existence d’une différence entre les liens que lient les individus. En effet on détermine des liens forts face aux liens faibles selon les paramètres de durée de la relation, fréquence d’interaction et attachement à la pérennité de cette relation.

Ainsi selon Granovetter il existe pour les liens fort une sorte de transitivité des liens entre les individus. Imaginez votre compagne (on) et votre meilleur(e) ami(e) puisque ces deux individus là vous avez un lien fort alors forcément ces deux-là se connaissent et on donc construit un nouveau lien. Ce qui peut donc faire d’eux des contacts redondants. En revanche en ce qui concerne les liens faibles ces individus qui sont mes contacts directs ont eux-mêmes des contacts directs qui ne sont pas « redondants » car ils n’ont pas de lien les uns avec les autres.

→ En conclusion les liens faibles qui mène donc à une intensité faible sont plus intéressants à privilégier lors de la phase de recherche de l’opportunité, en effet il n’y a pas de risque d’information double. La plupart des informations vous parviendront donc plus par vos liens faibles que par vos liens forts.

Cependant les liens forts ne sont pas à oublier en effet ceux-ci vont vous être très importants pour démêler les « situations d’ambiguïté » cela prouvé par les travaux de Hansen (1999) pour le cas des équipes de développement de produits nouveaux.

→ Comme envisagé précédemment les liens faibles sont plus efficients dans l’étape de la recherche d’opportunités, les liens forts sont eux à privilégier en « situation d’ambiguïté » c’est-à-dire en situation où l’on doit démêler de nombreuses informations mais également lorsque l’on doit développer et créer votre opportunité.

Développer et créer votre opportunité revient à faire de votre RRE un lieu où des ressources risquées sont engagés par vos partenaires. Mais pour ce faire il va falloir créer de la confiance pour vos interlocuteurs et envers eux également, la confiance nous pouvons la distinguer de deux manières la confiance morale et la confiance technique comme le font les auteurs Bidault et Jarillo (1995). Le schéma de Chollet (2002) ci-dessous nous donne une vue d’ensemble du facteur confiance en rapport avec les ressources risquées nécessaires au développement et au fleurissement de votre opportunité.

Pour ceux-ci si vous confier ou que quelqu’un vous confie ces intérêts s’il vous juge en « capacité » de défendre ces intérêts ce sera dans de la confiance technique, s’il vous juge en volonté de le faire alors ce sera de la confiance morale.

→ La confiance morale se trouve dans le schéma ci-dessus libellé par « la familiarité par individu », c’est l’individu qui est au cœur de cette familiarité. Les liens forts nous les avons définis plus haut mais la notion de l’attachement est en elle-même un gage que la personne va défendre vos intérêts car la relation est plus importante que le reste donc cet attachement fera que la personne va se démener pour vous et plus elle sera encline à acquérir des ressources risquées.

→ L’attachement est à dissocier de la familiarité, en effet elle est un composant du lien fort mais l’attachement est un facteur qui se suffit à lui-même. Pour que de la confiance se crée l’entrepreneur et la personne qui va acquérir des ressources risquées ces deux-là doivent se connaître.

Se connaître c’est-à-dire que chacun doit pouvoir réaliser un « schéma du comportement de son interlocuteur et de ces réactions dans différentes situations ». Mais que veut dire « réaliser un schéma du comportement » ? C’est être sure comme nous disent Mayer, Davis et Schoorman (1995) qu’il agira toujours avec « intégrité » et « bienveillance » c’est-à-dire toujours défendre vos intérêts et en être le garant.

Autrement dit il sera enclin à prendre pour vous des risques plus élevés et à acquérir des ressources plus risquées. Le fait de « connaître dans toutes les circonstances » est lié à la dimension de « multiplexité » de la relation.

C’est-à-dire qu’une relation est ne se limite pas à un seul type de lien : amical, professionnel, familiale ainsi vous pourrez vous faire un schéma plus précis dans diverses situations du comportement de la personne avec qui vous allez travailler et mieux choisir vos alliés. Ainsi la familliarité est définie par la complémentarité des liens forts avec la multiplexité .

→ La confiance technique implique que vous croyez en les compétences de votre interlocuteur mais cela implique aussi que celui-ci connaît les données de votre projet ou de votre opportunité. Ici encore c’est la multiplexité de la relation qui joue : compétences techniques sont mêlées à la sympathie pour la personne voire même l’attachement à celle-ci ou au projet.

Bibliographie :

BIDAULT F. et JARILLO.C (1995), « La confiance dans les transactions économiques », In Bidault F., P.-Y. Gomez et G. Marion (éds), Confiance, entreprise et société, Paris, Eska, p. 109-123.

BURT R.S. (1995), Le capital social, les trous structuraux et l’entrepreneur, Revue Française de Sociologie, vol.36, n°4, p. 599-628.

BURT R.S., HOGARTH R.M. et C. MICHAUD.C (2000), The Social Capital of French and American Manager, Organization Science, vol.11, n°2, p. 123-147

CHOLLET. B (2002) L’analyse des réseaux sociaux : quelles implications pour le champ de l’entrepreneuriat ? https://airepme.org/images/File/2002/147FA%20-%20BarthelemyChollet.pdf

GRANOVETTER M. (1973), « The strength of weak ties », American Journal of Sociology, vol. 78, n°6, p. 1360-1380.

HANSEN M.T. (1999), « The Search-Transfer Problem: The Role of Weak Ties in Sharing Knowledge across Organization Subunits », Administrative Science Quarterly, vol.44, n°1, p. 82-111.

KRACKHARD D. (1992), The strenght of strong ties: the importance of philos in organizations, In Nohria N. et R.G. Eccles (éds), Networks and organizations: structure, form and action, Harvard Business School Press, p. 216-139.

Pour une discussion de l’intérêt de distinguer bienveillance et intégrité, voir Geindre, 2000, pages 247-249.